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  • 1 avril 2016
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C’est l’heure d’Admesher : la startup réinvente la mesure du temps passé, antérieurement proposée par Google Analytics dans l’optique de valoriser les opérations de Brand Content et d’intégrer la notion d’exposition à la marque comme « le » KPI du content. Rencontre avec Amaury Leconte

 

LIGNE 26 – Tout d’abord parlez nous de l’histoire d’Admesher : comment la startup est-elle née et pourquoi ?
Amaury Leconte – 
Admesher est née il y a un an. Avant sa création, j’étais dans les achats médias, plus particulièrement le domaine de la vidéo programmatique et des articles sponsorisés. J’ai très vite réalisé que le nombre de visites ou de partages ne suffisaient pas à analyser le succès d’un contenu : il fallait à présent parler de temps passé, et d’engagement réel. Ma volonté était de pouvoir valoriser le contenu, mais également d’apprendre à mieux décrypter son algorithme.

Ce qui m’intéressait tout particulièrement était d’appliquer à des contenus de marque purement natifs (hors adserver) des logiques media comme la viewability, le Brand safety ou la vérification d’audience.

Avec la montée des adblockers et l’érosion de l’attention des utilisateurs pour les formats publicitaires classiques, il est raisonnable d’anticiper une montée en charge des stratégies de Brand Content. Pourtant, alors que les annonceurs et les agences maitrisent le process de diffusion des bannières et des vidéos, le contenu ne bénéficie pas encore de mesures d’efficacité claires.

LIGNE 26 – Décrivez nous en quelques mots Admesher : comment votre solution fonctionne t-elle ?
Amaury Leconte – Admesher fonctionne comme un analytics orienté Brand content, ayant pour particularité de « tracker » l’attention des internautes.

Nous proposons bien-sûr les fonctionnalités traditionnelles d’analyse de contenu tel que le nombre de clics, d’impressions, et le temps de visite moyen passé sur un contenu. Mais nous voulons aller plus loin en précisant sur quelle partie du contenu l’internaute a passé le plus de temps (sur quel pavé de texte par exemple dans le cas d’un contenu rédactionnel) et en étudiant son engagement réel. Pour vous illustrer l’idée de manière concrète : ce n’est pas parce que vous ouvrez un article sur le web via votre téléphone que vous le lisez; vous pouvez avoir laissé votre téléphone en veille, ou encore avoir vu seulement une partie du contenu.

LIGNE 26 –Quelle est votre proposition de valeur comparée à celle de Google Analytics ? Comment cette mesure peut-elle aider les marques dans leurs démarches de Brand Content ?
Amaury Leconte – Google analytics est un outil adapté aux sites e-commerce, mais pas à l’analyse des contenus, et encore moins de leur impact « branding ».
Au niveau spécifique de la mesure du temps passé, les analytics classiques mesurent le temps passé sur une page, et partent du principe que l’internaute y est toujours actif. Or comme je vous l’ai dit auparavant, ce n’est pas forcément le cas. Google note ainsi seulement l’heure d’entrée de l’internaute sur le contenu, et son heure de sortie, ce qui peut complètement fausser les résultats obtenus lors de l’analyse. C’est pourquoi nous capitalisons sur le principe d’« attention tracking » afin de mesurer un engagement réel. Aucun scroll, aucune activité sur la page ? Le contenu n’est donc pas lu, quel que soit le temps passé sur la page.

Ce principe permet donc aux marques d’étudier quel type de contenu a engendré le plus d’attention, et donc potentiellement, le plus d’engagement. De manière plus complète, l’outil permet de mettre en avant le moment précis où l’internaute a quitté la page du contenu.

Concrètement, si l’utilisateur a passé 10 secondes sur un contenu de plus de 3 000 signes ; s’il avait une vitesse de lecture normale, il est fort probable qu’il ait quitté la page au moment de commencer le deuxième paragraphe. Dans ce cas là, le contenu a été vu, mais malheureusement non lu. C’est pourquoi notre outil permet de perfectionner les marques dans leurs démarches de Brand Content en sachant sur quel sujet capitaliser pour attiser l’attention de ses internautes, mais également quelle mise en page réaliser pour que les informations nécessaires soient réellement lues.

LIGNE 26 – Auriez-vous des cas concrets illustrant l’importance de votre mesure ?
Amaury Leconte – Nous avons travaillé pour des groupes tels que LG, ou encore Head & Shoulders. Même si les marques ont peu tendance à communiquer sur leurs résultats, chacune a pu voir l’engagement de leur communauté augmenter de manière significative. Admesher leur a permis d’avoir pour la première fois, des résultats significatifs leur permettant d’améliorer leur performance.

Un audit d’Admesher débouche sur des préconisations très simples : quel contenu devrait être mis en avant, quelle source de trafic est la plus génératrice d’attention, quel canal d’amplification est le plus efficace, à quel moment de la journée etc…

LIGNE 26 – Quel est l’avantage de votre solution pour une agence de Content Marketing ?
Amaury Leconte – Dans le cas d’une agence de Content Marketing, la difficulté est bien souvent de démontrer la réussite de leurs contenus aux marques, généralement friandes de données concrètes comme le ROI. Admesher leur permet donc de leur délivrer des chiffres concrets et de permettre un KPI davantage qualitatif. D’une manière générale, Admesher est également une aide au management du contenu, partant du principe que l’outil d’analyse permet une amélioration des contenus générés. Enfin, l’outil peut aussi s’avérer extrêmement pratique dans le cadre de campagne d’influence.

LIGNE 26 – Enfin, avez-vous des objectifs ou des enjeux précis quant à l’avenir de la startup ? Comment envisagez-vous son développement et son avenir ?
Amaury Leconte – Nous travaillons actuellement sur un moyen d’analyser tout autant le contenu que le profil des internautes : qui parle de vos contenus ? Qui le consulte ? A quelle heure de la journée ?

Nous souhaitons également introduire une analyse se rapprochant davantage de l’AB testing, afin de pouvoir indiquer les comportements éditoriaux à adopter lors de la création d’un contenu (accroche plus ou moins longue par exemple).

Site web : http://admesher.com/

Propos recueillis par Marie Barbero